
La première expérimentation en grandeur nature de la navette autonome électrique Navya a été lancée dans le quartier de la Confluence à Lyon, sur un trajet de 1,3 km le long des quais Arlès-Dufour et Rambaud, le vendredi 2 septembre 2016. Photo prise le mardi 6 septembre 2016 à la hauteur de la darse. Copyright : Yvon Brument
Coïncidence ou pas, deux semaines après l’annonce par l’établissement public Paris-La Défense de ne pas vouloir reconduire l’expérimentation menée avec les navettes autonomes électriques Navya en partenariat avec Île-de-France Mobilités et Kéolis, la société Navya, dont le siège est à Villeurbanne (Rhône), a décidé de revoir son modèle économique en arrêtant la production de ses navettes automatiques pour se recentrer sur l’intégration de sa technologie (logiciel et capteurs) dans des véhicules de manutention en zone aéroportuaire en collaboration avec le Français Charlatte Manutention basé à Brienon (Yonne).
L’établissement public Paris-La Défense a estimé, après deux années d’expérimentation, que l’objectif de passage en mode tout automatique des navettes n’a pas abouti. Les navettes autonomes sont jugées trop lentes et peu adaptées à l’environnement urbain du quartier de la Défense qui voit de nombreuses personnes transiter sur l’esplanade (source : usine-digitale.fr).
Il faut aussi ajouter que la société Navya a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de 32 % au premier semestre 2019 par rapport au premier semestre 2018 au cours duquel 36 véhicules avaient été vendus contre 18 au premier semestre 2019 (source : autoactu.com).
Pour enfoncer le clou, dans un article mis en ligne par Le Point, le mardi 2 juin 2019, intitulé « Navettes autonomes : gadget ou véritable transport de demain ?« , le journaliste qui a testé la navette autonome Navya, sur une route située dans la zone aéroportuaire de Nantes-Atlantique, décrit son expérience dans les termes suivants :
« Dans le véhicule, qui peut accueillir jusqu’à dix passagers, il faut encore attacher sa ceinture, car le système n’est pas encore tout à fait au point et le freinage peut être brutal. Pour la sécurité de ce test au milieu de la circulation, les capteurs qui permettent à la navette de se déplacer dans son environnement restent très sensibles. Une voiture la double et elle pile sans crier gare. Même la végétation le long de la route, battue par le vent fort ce jour-là, embête la navette, qui détecte des obstacles et s’arrête. Malgré ces quelques imperfections à corriger, l’expérience reste impressionnante pour les quelques passagers présents à bord. La navette s’arrête au feu rouge, vérifie la priorité à l’approche du rond-point, navigue entre les camions… Pour permettre le test, il a tout de même fallu faire quelques aménagements : baisser la limitation de vitesse à 30 km/h sur la zone – la navette ne roule qu’à 18 km/h –, mettre des plots pour empêcher le stationnement gênant sur le bord de la route – la navette ne peut pas se détourner de sa trajectoire précise si un véhicule déborde, même d’un centimètre – ou encore installer un feu tricolore connecté, qui l’informe quand il passe au vert. Un trottoir recouvert de panneaux solaires sur 36 mètres carrés suffit à fournir l’électricité nécessaire pour recharger la navette chaque nuit, stockée dans un conteneur en bout de parcours. »
L’Etat français persiste à croire que les navettes autonomes électriques ont un bel avenir devant elles. Ainsi, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a dévoilé sur franceinfo, le mercredi 24 avril 2019, un plan visant à lancer les véhicules électriques sans conducteur sur nos axes routiers consistant en seize expérimentations réparties sur tout le territoire national pour un budget global de 120 M€, l’État prenant à sa charge 42 M€ (source : toulouse.latribune.fr). L’objectif affiché par le gouvernement est d’atteindre le cap du million de kilomètres effectué par des véhicules autonomes sur le territoire français d’ici 2022.
Il faut espérer que ce plan de développement des navettes autonomes électriques sur des routes de l’Hexagone ne se transforme pas en un fiasco monumental à l’instar de la route solaire inaugurée en grande pompe par Ségolène Royal au mois de décembre 2016.
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Photographie de la navette autonome électrique Navya à la hauteur du pôle de commerce et de loisirs du quartier de la Confluence à Lyon (2e arrondissement), le mardi 6 septembre 2016. Copyright : Yvon Brument
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Quartier de la Confluence à Lyon (2e arrondissement), photographie de la seconde navette autonome électrique Navya au terminus sud « Magellan », le mardi 6 septembre 2016. Copyright : Yvon Brument
Info : Louis Ferdinand