20 mars 2023 – Sur le réseau TaM Montpellier 3M, la future police métropolitaine des transports ne fera pas de miracles


Dans les villes françaises qui appliquent la gratuité totale des transports collectifs 7J/7 au profit de tout un chacun, habitant ou non une des agglomérations ou métropoles concernées par la mesure, à l’instar d’Aubagne, Châteauroux, Dunkerque ou Niort pour ne citer qu’elles, il aurait été constaté une diminution des tensions liées au contrôle, avec globalement une baisse des incivilités !

Frédéric Héran, économiste et urbaniste, maître de conférences à l’Université de Lille 1 et chercheur au CLERSE (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques) nuance toutefois :  « C’est un fait, la gratuité apaise les relations sociales, mais cette mesure a aussi des effets pervers. Le maire de Dunkerque a en effet déclaré qu’il avait inventé le ‘bistrot moderne dans lequel les jeunes se réunissent !», relate le chercheur. Mais pour ce dernier, ces « mésusages » sont préjudiciables : « cela coûte cher à la collectivité et ce n’est pas forcément l’intention première d’un maire que de créer un bistro sur roues ? » (Source : article publié dans Le Courrier des maires et des élus locaux le jeudi 9 mai 2019).

Plus largement, Frédéric Héran a démonté certains arguments associés à la gratuité totale : « Si vous voulez faire un geste en faveur de la mobilité de certaines populations, par exemple les personnes en recherche d’emploi, une prime mobilité serait sans doute plus efficace ; quant au report modal des automobilistes vers les transports collectifs, il est infime, de l’ordre de 1 à 2% ! En fait, ce sont surtout les piétons et les personnes roulant à vélo qui vont se reporter sur les transports collectifs lorsqu’ils deviennent gratuits. En réalité pour réduire le trafic automobile, certaines mesures de contraintes, que nous connaissons déjà, sont là encore beaucoup plus efficaces que l’incitation par la gratuité. » (Même source que ci-dessus).

A Montpellier, où la gratuité totale des transports 7j7 sur le réseau TaM Montpellier ne bénéficiera qu’aux seuls métropolitains à compter du jeudi 21 décembre 2023, après une première phase instaurant la gratuité pour tous les habitants de la métropole les samedis et dimanches depuis le premier weekend de septembre 2020 et une deuxième phase introduisant la gratuité 7J/7 pour les moins de 18 ans et les 65 et plus justifiant d’un domicile dans la Métropole, en application dès le mercredi 1er septembre 2021, les personnes qui ne résident pas dans la Métropole, dont les très nombreux touristes,  devront continuer de payer pour pouvoir se déplacer à bord des bus et tramways, une exception française si on compare le dispositif montpelliérain à celui en vigueur dans les agglomérations ou métropoles qui ont déjà institué la gratuité totale7J/7 sur leur réseau de transport public.

A la question suivante « La gratuité totale des transports pour les habitants de la Métropole, en décembre prochain, fait-elle craindre une hausse du nombre d’incivilités dans les bus et tramways ? » , posée par un journaliste du quotidien régional Midi Libre, dans un article publié le samedi 18 mars 2023, intitulé « La réussite de la gratuité repose sur une ultra-sanction des incivilités« , Jean-Pierre Rico, maire de Pérols et élu métropolitain en charge du dossier de la mise en place de la police métropolitaine des transports, qui sera la « plus importante de France » et non plus la « première de France » comme indiqué par erreur sur les affiches de la campagne très onéreuse de recrutement des futurs agents, répond ainsi : « Nous aurons une recrudescence du nombre d’événements car nous aurons une meilleure lecture, grâce à la présence de la police des transports (qui rendra compte par écrit des événements survenus pendant le service, NDLR). Jusque-là, toutes les exactions commises sur le réseau ne sont pas répertoriées, car toutes les victimes ne portent pas plainte. Avec la police des transports, tout sera signalé » et de conclure par la phrase titre de l’article.

Sur les 42 agents de la future police métropolitaine des transports devant être embauchés, et non 40 comme indiqué sur les affiches de la campagne publicitaire, la moitié d’entre eux sera opérationnelle au mois de septembre 2023, l’effectif complet devant être atteint à la fin de l’année 2024 en vue de l’ouverture de la future ligne 5 de tramway prévue à la fin de l’année 2025, le prolongement de la ligne 1 de tramway entre Odysseum et la gare de Montpellier Sud de France annoncée pour le premier semestre 2025, et la mise en service si possible de 5 lignes de BusTram à l’horizon 2025.

Selon Jean-Pierre Rico, « La police métropolitaine des transports est appelée en effet à travailler en milieu confiné, dans un bus ou un tramway, donc les techniques d’intervention ne sont pas les mêmes. Par exemple, l’usage du gaz lacrymogène doit être limité à des cas de force majeure. La police métropolitaine des transports permettra de rassurer les voyageurs et de sécuriser les contrôleurs, surtout à certaines heures du jour et de la nuit. Nous souhaitons que les fauteurs de troubles sachent que nous déployons des policiers pour les empêcher de nuire » .

La police des transports interviendra en fonction des lieux et des horaires sensibles. « Seront privilégiés les lieux, les jours, les heures ou surviennent le plus d’événements. On sait où il faudra faire des opérations coup de poing » , poursuit Jean-Pierre Rico. « La couverture du réseau sera assurée par des unités pédestres, au contact des voyageurs; cynophiles, sur certaines positions; et motorisés pour intervenir très rapidement en appui des équipes pédestres. Des moyens de communication spécifiques avec la police nationale et la gendarmerie seront également employés » .

Pour résumer, la gratuité généralisée des transports aux seuls habitants de la métropole montpelliéraine générera des coûts supplémentaires de contrôle et non le contraire. A titre d’information, le nombre actuel de contrôleurs s’élève à 82. De plus, avec un effectif de 42 agents, dont à la moitié à peine sera sur le terrain simultanément, il sera sûrement difficile aux futurs policiers métropolitains d’intervenir illico presto à tel endroit du réseau. Que faire si vous êtes agressé-e-s dans le tramway entre les stations « Georges-Pompidou » et « Via Domitia », commune de Castelnau-le-Lez, alors que les agents en service se trouveront à cet instant en centre-ville de Montpellier ou à la station « Sabines » ?

Paroles (Pérols, en occitan) de Rico, « Les potentiels délinquants sont prévenus ».

Info : Anje34 et Edouard Paris

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Un commentaire pour 20 mars 2023 – Sur le réseau TaM Montpellier 3M, la future police métropolitaine des transports ne fera pas de miracles

  1. Pourquoi ne pas mettre en place partout dans la ville des boutons poussoirs pour appeler la police 🚨 ?
    Par exemple, à l’intérieur des rames et sur les quais des stations mais aussi en divers endroits très fréquentés comme sur la place de la Comédie. Ce système existe à l’étranger notamment sur les plages touristiques.

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