21 avril 2024 – Tramways touristiques de Porto (Portugal)


A Porto, les motrices historiques 131 Brill 23 et 287 Belga, opérant sur la ligne 1 de tramway touristique, sont photographiées au terminus « Infante », le vendredi 19 avril 2024. Copyright : Fab

A son apogée en 1950, soit 55 ans après l’électrification d’une première ligne, le jeudi 12 septembre 1895, le réseau de tramways électriques de Porto, la capitale économique du Portugal, atteint 150 km de voies à écartement standard (1 435 mm) et compte 18 lignes parcourues par 193 motrices et 24 remorques.

Les premières lignes de tramway ferment le jeudi 1er janvier 1959, tandis que les quatre premières lignes de trolleybus sont mises en service commercial au début du mois de mai de la même année.

En 1966, il reste encore 72 km de voies et 184 motrices en service, les dernières remorques sont retirées le samedi 31 décembre de la même année. En 1967, des lignes de tramway sont remplacées par des bus, ne laissant au réseau de tramways que 44 km de voies et 130 motrices. En 1968, le service du tramway est à nouveau réduit, avec seulement 127 motrices en circulation sur 38 km de voies. A partir de 1978, tous les services de tramway circulant après 21h sont supprimés ; cette année-là, le réseau compte 84 véhicules et 21 km de voies. En 1983, les services du dimanche sont supprimés. En 1988, le réseau de tramways ne compte plus que 18 km de voies et 50 motrices.

En 1992 il n’y a plus que trois lignes en service numérotées, 1, 18 et 19, utilisant 19 des 35 motrices en état de marche.

Le samedi 11 septembre 1993, la ligne 19, qui relie Boavista à Matosinhos, est fermée et il ne subsiste plus que deux lignes, la 18, qui relie Carmo, Foz et Boavista, et la 1, d’Infante à Castelo do Queijo.

En 1996 seule la ligne 18 est opérationnelle avec 14 kilomètres de voies, exploitée par trois motrices circulant entre 9h et 19h, avec une fréquence de 35 minutes dans chaque sens. Les services du dimanche reprennent.

Durant les années 1990, une grande partie des motrices restantes est vendue à l’étranger.

Le service de la ligne 18 est interrompu à la fin des années 1990 et ne reprend qu’au début des années 2000. Deux autres lignes rouvriront en 2005 et 2007, la 1 et la 22. Les trois lignes précitées, exploitées avec des motrices historiques par la STCP (Sociedade de Transportes Colectivos do Porto), sont à vocation touristique et font l’objet d’une tarification spécifique. Le service de la ligne 22 est suspendu depuis le mois de novembre 2021 et ce pour une durée de trois ans environ. La longueur actuelle du réseau, en ce compris les voies propres à la ligne 22, s’établit à 8,9 km.

Plan des lignes 1 et 18 du réseau de tramways touristiques de Porto. Document STCP – Août 2023

Photos prises à Porto, le vendredi 19 avril 2024. Copyright : Fab

Les motrices historiques sont entretenues dans un dépôt jouxtant le Musée du Tram inauguré au mois de mai 1992, que les lignes 1 et 18 desservent.

Porto dispose également d’un réseau de 6 lignes de métro léger mises en service entre 2002 et 2011, identifiées sous les lettres A, B, C, D, E et F, sur lesquelles opèrent des rames modernes de tramway à plancher bas intégral Eurotram Bombardier au nombre de 72, Flexity Swift Bombardier au nombre de 30 et Porto CRRC au nombre de 18, toutes aptes à circuler en unité multiple. Deux autres lignes, les G et H, devraient ouvrir en 2025.

A Vila Nova de Gaia, une unité multiple composée de deux rames Eurotram Bombardier, MP031 en tête, opérant sur la ligne D de métro léger en direction du terminus nord « Hospital de São João » à Porto, est photographiée au moment où elle quitte la station « Jardim do Morro » et s’apprête à traverser l’emblématique pont Louis 1er, qui enjambe le rio Douro. Prise de vue en date du vendredi 19 avril 2024. Copyright : Fab

Info : Fab et Edouard Paris

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2 Responses to 21 avril 2024 – Tramways touristiques de Porto (Portugal)

  1. Miguel dit :

    C’est un exemple à suivre: le métro léger (Metro do Porto) est un bel exemple de pragmatisme, entre portions de type tramway (toujours en site propre), portions de type métro exploitées à vitesse plus élevées, réutilisation de voies ferrées locales, et tout avec une belle efficacité.

    Le musée du tramway (le « Museo do carro elétrico », puisque « tramway » se dit « voiture électrique » en portugais, ce qui impose aux Portugais de choisir d’autres tournures pour parler des actuelles voitures électriques), plutôt réservé à des passionnés (les non-passionnés en feront le tour en 10 mn et seront déçus), est également intéressant pour le long historique qu’il propose en chair et en os. Il se trouve dans une ancienne sous-station électrique qui héberge encore tout l’historique des redresseurs (machines tournantes de type moteur asynchrone à rotor bobiné + dynamo, redresseurs à vapeur de mercure, et redresseurs silicium), malheureusement non expliquées aux néophytes.

    La tarification est également intéressante et efficace, mais pas simple à l’usage, voire de nature à donner des maux de tête: les billets hors abonnement (sur ticket rechargeable sans-contact en carton, facturé 0.60€) sont valables pour une durée (1 heure ou plus selon la distance, ou 1 jour), dans un périmètre calculé en nombre de zones autour de la zone de première validation. Avantage: les correspondances ne sont pas facturées, et chaque transporteur est néanmoins rémunéré en fonction des trajets comptabilisés (il faut revalider à chaque correspondance). Inconvénient: le plan des zones et le calcul du nombre de zones sont complexes (par exemple la commune de Porto est divisée en 3 zones: PRT1, PRT2, PRT3), et rarement indiqués en même temps que le plan des métros, des bus, et des trains (mais c’est indiqué aux stations), de plus le découpage en zones a changé il y a quelques années. En l’absence de validation à la sortie (contrairement à Lisbonne ou aux Pays-Bas), c’est au voyageur de faire son calcul au début du trajet. S’il a acheté un ticket stockant des voyages « 2 zones », chaque début de voyage valide un trajet dans un cercle de 2 zones autour du point de départ, à moins qu’il n’achète par exemple un titre « 4 zones » qu’il peut mettre sur le même ticket, et qui sera utilisé à la validation suivante, tandis que les validations ultérieures reviendront en « 2 zones ». Les abonnements suivent une autre logique, ils sont stockés sur un autre type de carte RFID (en plastique et éditée au nom du titulaire), valables soit pour des trajets dans des cercles de 3 zones autour du point de validation, soit sur le territoire d’une commune, soit sur toute l’agglomération (pour un prix guère plus élevé), soit encore en combinaison avec un abonnement pour un tronçon de ligne de train situé hors agglomération (jusqu’à Marco de Canaveses).

    Une curiosité mathématique du système de tarification est qu’il pourrait exister certains trajets (sans doute très rares) pour lesquels l’aller et le retour ne comptent pas pour le même nombre de zones, si l’itinéraire du trajet s’éloigne plus d’une extrémité que de l’autre, et même des trajets de type A-B-C comptant pour moins de zones qu’un trajet plus court de type B-C, si la zone contenant le point A est plus proche des zones parcourues pendant le trajet que la zone contenant le point B. Je ne sais pas si je suis très clair…

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