10 juin 2016 – Nice T2, la ligne de tramway la plus chère de France


La ville de Nice qui a été longtemps au cœur d’un réseau de tramways important s’est lancée dans la construction d’une seconde ligne de tramway moderne en 2013 d’une longueur de 11,3 km dont 3,2 km en tunnel.

En 2019, la longueur cumulée des deux lignes de tramway moderne dépassera les 20 kilomètres, bien loin des 145 km de lignes en service commercial en 1920, année de l’apogée de l’ancien réseau de tramways mis en place à partir de 1878, qui desservait toutes les villes de la côte de Mandelieu-la-Napoule à Menton. À ce réseau urbain et suburbain il faut ajouter le réseau départemental des Tramways des Alpes-Maritimes (TAM) et ses 6 lignes totalisant 149 km. 4 de ces lignes desservant l’arrière pays étaient connectées à la ligne des Chemins de fer de Provence Nice Digne, la plus longue étant celle reliant La Vésubie – Plan du Var à St Martin-Vésubie, soit 34 km.

C’est à partir de 1930 que la casse systématique a commencé. Elle s’est achevée le vendredi 30 janvier 1953, jour de circulation du dernier tramway.

À partir de 1987, parallèlement à la création de couloirs de bus, les élus commencent à envisager des études pour «…la réalisation d’un système de transport…» Ce n’est qu’en 1998 que Jacques Peyrat, maire de Nice, élu en 1995, lance le projet de deux lignes de tramway. Les travaux de la ligne 1 débutent en 2003 et l’inauguration a lieu le samedi 24 novembre 2007, quelques mois avant l’élection du nouveau maire, Christian Estrosi, favorable au tramway, mais avec un projet différent pour la ligne 2.

Changement du tracé, construction d’un tunnel, sondages géothermiques à réaliser pour cause de tunnel, repositionnement de la station de la place d’Île-de-Beauté, tous ces éléments ont grandement modifié le calendrier des travaux du T2 prévu à l’origine sur quatre années (2013 à 2016), avant de passer à sept années (2013 à 2019), avec toutefois une mise en service partiel à l’ouest de la ligne, côté aéroport international en 2018.

Depuis le mardi 15 mars 2016, le tunnelier a commencé le percement du tunnel. Les travaux sont visibles en six lieux de la ville. Près de 6 hectares de domaine public sont occupés par le chantier, aux futurs emplacements des quatre stations souterraines et à la trémie de sortie côté ouest.

A l’est il n’y aura pas de trémie dans la mesure où le terminus « Île de Beauté » sera positionné sur le quai Cassini, en contrebas de la place de l’Île-de-Beauté. Peu après avoir quitté ce terminus, les rames de tramway entreront dans le tunnel.

Les photos ci-après donnent une idée du chantier pharaonique que subissent nos amis niçois :
– Quai Cassini : usine de traitement et stockage des déblais provenant du creusement du tunnel et acheminement par convoyeur vers un bateau à quai. Plus de 200 000 mètres cube à évacuer vers Fos-sur-Mer;
– Rue Catherine-Ségurane : puits d’entrée du tunnelier de 9,64 mètres de diamètre, 78 mètres de long pour un poids total de 1850 tonnes. Progression de 10 mètres par jour en moyenne;
– Place Garibaldi : station souterraine « Garibaldi » en correspondance avec celle aérienne et éponyme de la ligne 1;
– Boulevard Dubouchage – Square Durandy : station souterraine « Durandy »;
– Boulevard Victor-Hugo : station souterraine « Jean Médecin » en correspondance avec celle aérienne et éponyme de la ligne 1;
– À l’angle du boulevard Victor-Hugo et du boulevard Gambetta : station « Alsace Lorraine »;
– Rue de France : trémie de sortie.

Les lignes T1 et future T2 étant indépendantes l’une de l’autre, un second dépôt sera construit sur la branche nord du terminus ouest de la ligne 2, la branche sud, toujours à l’ouest, devant desservir les terminaux 1 et 2 de l’aéroport international de Nice Côte d’Azur.

Les élus de la métropole Nice Côte d’Azur, une aire urbaine de près d’un million d’habitants, ont préféré la réalisation d’un tunnel sous le centre-ville d’un coût approchant les 100 millions d’euros le km. Le creusement est prévu pour durer onze mois minimum. Dans ce genre de chantier profond de moins 30 mètres, en terrain hétérogène friable, il sera sans doute difficile de tenir le budget total de la ligne 2 à 758,7 millions d’euros (montant de 2009). Aussi, un dépassement trop important pourrait retarder la réalisation des lignes 3 et 4 de tramway.

Info : Michel Bozzola

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  1. Ping : 9 avril 2017 – Les travaux du tram progressent à l’ouest, mais c’est à Nice que ça se passe | Tramway de Montpellier

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