20 mai 2024 – Trolleybus de Lausanne (Suisse) : une flotte rajeunie


Rue du Grand-Pont à Lausanne, le trolleybus bi-articulé 711 BGGT-ND2 lighTram 25 DC Hess, opérant sur la ligne 9 en direction du terminus sud-est « Lutry, Corniche », est photographié entre les arrêts « Lausanne, Bel-Air » et « Lausanne, St-François », le jeudi 25 avril 2024. Copyright : Michel Bozzola

En France à ce jour, seuls trois réseaux de transport public disposent de lignes exploitées avec des trolleybus : Limoges, Lyon et Saint-Etienne. Il en est de même en Allemagne : Eberswalde, Esslingen et Solingen. En Suisse, ce sont douze réseaux de transport public qui sont équipés de ce mode de transport très écologique et particulièrement silencieux : Berne, Bienne, Fribourg, Genève, Lausanne, Lucerne, Neuchâtel, Saint-Gall, Schaffhouse, Winterthur, Zurich et le réseau VMCV (Vevey-Montreux-Chillon-Villeneuve).

Le réseau de trolleybus de Lausanne est le plus ancien et le plus important de la Confédération helvétique.

Les premiers trolleybus circulent dans la capitale vaudoise au relief tourmenté depuis le dimanche 2 octobre 1932, date de l’ouverture d’une première ligne de 1,5 km entre la gare ferroviaire de Lausanne et le quartier d’Ouchy au bord du lac Léman.

En 2024, le réseau de trolleybus des Transports publics de la région lausannoise (tl), d’une longueur de 59,1 km, comprend dix lignes numérotées 1, 2, 3, 4, 6, 8, 9, 20, 21 et 25, qui desservent le centre-ville et la plupart des quartiers de Lausanne ainsi que neuf communes situées à l’ouest, au nord et à l’est de la ville-centre : Saint-Sulpice, Ecublens, Chavannes-près-Renens, Renens, Prilly, Le Mont-sur-Lausanne, Pully, Paudex et Lutry.

La ligne 9, reliant « Prilly, Eglise » à « Lutry, Corniche » via le centre-ville de Lausanne et la commune de Paudex, est la plus fréquentée du réseau de trolleybus avec près de 19 000 voyages quotidiens. Elle est la seule ligne dont le service est assuré par des trolleybus bi-articulés BGGT-N2D lighTram 25 DC du constructeur suisse HESS, que la Métropole du Grand Nancy, en France, a acheté à 25 exemplaires pour remplacer d’ici le début de l’année 2025 les désastreux TVR Bombardier retirés de la circulation le dimanche 12 mars 2023. Ces trolleybus, tout comme ceux du modèle BGT-N2D lighTram 19 DC, ont la particularité d’utiliser la technologie IMC (In Motion Charging) qui leur permet de rouler en mode 100 % électrique, même lorsqu’ils ne sont plus alimentés par les lignes aériennes de contact. C’est une batterie de faible poids installée sur le toit qui prend le relais. La batterie se recharge lorsque les perches sont levées et captent le courant procuré par les fils électriques. L’autonomie de ces trolleybus dernier cri peut ainsi atteindre 15 à 20 km en mode batterie, ce qui présente l’avantage de pouvoir s’écarter de leur itinéraire habituel sous caténaire double en cas de besoin. Le passage du filaire à la batterie et l’opération inverse s’effectuent en quelques secondes quand le véhicule est à l’arrêt. Bernmobil, l’opérateur du réseau de transport public de Berne, capitale de la Suisse, possède 14 trolleybus bi-articulés BGGT-N2D lighTram 25 DC Hess identiques à ceux opérationnels sur la ligne 9 lausannoise et vient de passer une commande portant sur 13 véhicules supplémentaires du même modèle.

Schanzenstrasse à Berne, le trolleybus 43 BGGT-N2D lighTram 25 DC Hess, opérant sur la ligne 20 en direction du terminus ouest « Länggasse » est photographié au moment où il quitte l’arrêt « Schanzenstrasse » situé à deux pas de la gare principale de la capitale de la Confédération helvétique. Prise de vue en date du dimanche 28 avril 2024. Copyright : Michel Bozzola

Le parc roulant du réseau de Trolleybus lausannois est actuellement composé de 103 véhicules, dont 91 articulés et 12 bi-articlés tous fabriqués par le Suisse Hess. Le plus ancien des trolleybus est âgé de 15 ans et le plus récent d’à peine un an.

12 trolleybus bi-articulés BGGT-N2D lighTram 25 DC numérotés 701 à 712 ont été livrés en 2020 et 2021.

29 trolleybus articulés BGT-N2D lighTram 19 DC numérotés 801 à 829 ont été livrés de 2021 à 2023.

35 trolleybus articulés BGT-N2C Swisstrolley 3 numérotés 831 à 865 ont été livrés en 2009 et 2010.

27 trolleybus articulés BGT-N2D Swisstrolley 4 numérotés 866 à 892 ont été livrés en 2012 et 2013.

Photos prises à Lausanne et Renens, les jeudi 25 et lundi 29 avril 2024. Copyright : Michel Bozzola

Les emblématiques trolleybus standards à remorque ont tiré leur révérence, le mardi 4 mai 2021. Seuls le trolleybus 782 NAW/Lauber (année 1989) et la remorque 911 APM Hess/Lanz + Marti (année 1989) ont été préservés par les tl.  

Photos prises à Lausanne, le mercredi 15 août 2007. Celle de droite montre le trolleybus standard 782 91T NAW/Hess (année 1989) alors en service, préservé par les tl à la suite de son retrait de la circulation au tout début du mois de mai 2021. Copyright ; Edouard Paris

En 2023, le réseau de trolleybus de Lausanne a transporté 70 millions de passagers, ce qui représente 54 % du trafic global des Transports publics de la région lausannoise (tl).

Info : Michel Bozzola et Edouard Paris

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7 Responses to 20 mai 2024 – Trolleybus de Lausanne (Suisse) : une flotte rajeunie

  1. Miguel dit :

    Des lighTram 25 Hess circulent aussi en France: ils assurent le service sur la ligne 4 de busway de Nantes (un bus en site propre BHNS), mais sans lignes électriques. Equipés de batteries, ils sont uniquement rechargés en station et au dépot. A Nantes, ils sont donc des bus électriques et non des trolleybus.

  2. Nico Las dit :

    Bonsoir,

    Je me demandais pourquoi en France ce mode de transport est si peu développé alors que pourtant beaucoup de villes dont Montpellier envisagent aujourd’hui des BHNS qui pourraient très bien prendre la forme de trolleybus ? Question de coût je suppose de la ligne aérienne ?

    • Miguel dit :

      Bonne question. Historiquement, le trolleybus a perdu sa compétitivité, comme le tram mais peut-être encore plus que le bus, à cause des embouteillages et du stationnement anarchique.

      D’où la nécessité de voies en site propre, et tant qu’à faire le tramway a souvent été jugé un bon choix, mais actuellement il est construit d’une manière tellement coûteuse que pour le prolonger en banlieue, le coût est dissuasif.

      Le trolleybus demande des lignes électriques plus voyantes que le tram, surtout aux intersections, et en France il y a une volonté très forte pour cacher les fils en zone urbaine: c’est peut-être un problème. Ça devient très compliqué s’il doit être combiné avec des tramways, qui ont un autre type de ligne électrique. Il y a un exemple à Saint-Gall (Sankt Gallen), en Suisse, où certes le tramway n’existe plus, mais la partie urbaine de la ligne de Sant-Gall à Trogen ressemble très fortement à un tramway, tout en longeant et croisant des lignes de trolleybus: la quantité de câbles suspendus est véritablement stupéfiantes.

      Aujourd’hui on parie directement sur les bus électriques à batteries (après avoir rêvé aux bus à hydrogène à pile à combustible, solution particulièrement énergivore). Mais la solution hybride retenue à Lausanne ou Saint-Gall, avec des trolleybus équipés de batteries, utilisant généralement la ligne électrique mais pouvant s’en passer sur certains tronçons, a aussi des avantages. Car quel est le bilan financier et écologique des bus électriques s’ils ont des batteries très grosses qu’il faut remplacer périodiquement à cause d’une forte sollicitation?

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  4. André dit :

    En France il y a encore la Ligne 1 de Nancy qui est exploitées avec des trolleys

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