22 novembre 2014 – Il y a 19 ans exactement, Georges Frêche offrait le voyage à Strasbourg


Profitons du vingtième anniversaire de la mise en service du tramway moderne de Strasbourg, dont le premier tronçon de la ligne A « Hautepierre Maillon » – « Baggersee », d’une longueur de 9,8 km, a été inauguré le samedi 25 novembre 1994, jour de la Sainte-Catherine, pour se rappeler du mémorable voyage dans la capitale alsacienne de 350 habitants du District de Montpellier organisé dans le cadre de la concertation de la ligne 1, le mercredi 22 novembre 1995. Aux tirés au sort s’ajoutera une trentaine de personnes : élus, fonctionnaires, commerçants, techniciens Smtu et bureaux d’études ainsi que deux pompiers en tant que secouristes, soit un total approchant les 400 participants. J’ai été invité au dernier moment (le lundi 20 novembre) en tant que fondateur en mai 1989 de l’association « Groupement pour l’Étude du Futur TRAMway de Montpellier » (GEFTRAM) étant entendu que ma première intervention dans le presse pour la réalisation du tramway datait de juin 1982.

Pour être candidat au voyage, il fallait être tiré(e) au sort après avoir déposé un bulletin dans une urne située dans les locaux de l’ancienne bibliothèque du mess des officiers, sur l’Esplanade à Montpellier, où était présentée une expo, du 17 octobre au 25 novembre 1995, intitulée « Tramway, Concertation publique – 95 : Première phase ». Seules des considérations générales étaient présentées, très bien sur la forme mais sur le fond, le néant. Sans vouloir me mettre en avant, l’exposition que j’avais réalisée à la Maison de l’Environnement en 1992 était bien plus consistante. Point positif, une grande partie de mon argumentaire avait été repris, copier-coller de phrases entières mot pour mot. Par la suite, la personne responsable de ce travail est partie travailler à la RATP, fâcheusement remplacée par bien pire.

Dès le tirage au sort effectué le jeudi 9 novembre 1995 par Maitre Baudia, huissier de justice, les opposants à cette méthode de concertation et au voyage même ont protesté vigoureusement.

Nous croiserons ces opposants le mardi 21 novembre 1995, à 22h00, à la gare SNCF, au départ du train de nuit spécial (avec voiture discothèque), où ils distribuaient un trac intitulé : « TRAMWAY -NON AU TOURISME MARKETING – OUI A UN VRAI DEBAT sur les TRANSPORTS URBAINS DANS LE DISTRICT ». Sur ce tract on pouvait lire « Car nous aimerions bien savoir combien coûte une telle opération, voyage aller en train, repas, retour en avion… (On ne se refuse rien!). 500.000 Francs ? Davantage ? » et aussi « Assez de gaspillages (il y a tant à faire dans le domaine social !) assez de marketing, assez de pub ! Nous voulons une vraie démocratie, pour citoyens majeurs. » Le Président du District, maire de Montpellier, Georges Frêche, qui n’était pas du voyage mais représenté par son premier adjoint à l’urbanisme Raymond Dugrand, aurait pu reconnaître dans ce tract la prose qu’il maniait pendant ses jeunes années maoïstes.

Le mercredi 22 novembre 1995, au matin nous voilà en gare de Strasbourg, petit-déjeuner et puis transfert en bus jusqu’au Palais de la Musique et des Congrès. Après une projection d’une vidéo « Le tramway de Strasbourg », Catherine Trautmann, maire, prendra le micro et ne le lâchera plus. Elle interviendra en lieu et place des personnes prévues, le directeur du projet, le directeur de la compagnie des transports, l’architecte paysagiste et le vice-président de la communauté urbaine. Ces personnes assises à la tribune n’ont pu intervenir car Madame le maire a tenu le micro pendant 3h00, ce qui m’a rappelé quelqu’un, plus dans le sud, plus gros, plus tonitruant, plus vulgaire, plus masculin mais tout aussi maire.

Après quelques questions, surtout de commerçants, direction le repas. Le matin chacun avait pu faire un petit somme pendant l’anesthésiant discours de Madame Catherine, l’après midi nous avons pu faire de petites siestes entre les plats d’un repas qui a duré 3h00 !!! Après ce fut la course car l’avion était prévu pour 17h30.

Vite, les bus puis les deux rames de tram pour parcourir un petit bout de la ligne A, 4 stations, moins de 10 minutes jusqu’à Hautepierre. Puis vite, vite, encore les bus, direction l’aéroport où l’Airbus spécial d’Air Inter double couloir nous ramènera à Montpellier en 1h15 juste le temps de boire le champagne !!!

Alors, le bilan, difficile à dire. Beaucoup de personnes étaient satisfaites de la journée car elles n’avaient jamais pris l’avion. Un collègue de travail avait pu voir son frère habitant Strasbourg. Pour le reste, un peu plus de temps le long de la ligne de tramway, inaugurée un an plus tôt, aurait été plus profitable que l’hallucinant discours de la première magistrate de Strasbourg.

De nos jours, on peut attendre à tout bout de champs « Georges Frêche le visionnaire ». Pour ce qui est des transports, j’émets de sérieuses réserves car la réalisation du réseau de tramways de Montpellier s’est fait beaucoup attendre et ses visions ressemblaient plus à quelques reflets dans une boule de cristal qu’à un plan mûrement réfléchi.

En 1989-90, il fut réalisé un axe prioritaire, bus articulés sur site propre, cours Gambetta, avenue Saint-Charles, avenue Henri-Frenay – boulevard d’Antigone…Les aménagements devaient continuer vers la Paillade par l’avenue de Lodève, mais une fois les subventions de l’Etat obtenues les travaux furent remis puis il n’en fut plus question.

Courant 1992-93 sur ces axes prioritaires réalisés partiellement, il fut question de remplacer les bus par des tramways, le dossier étant supervisé par Nicole Stamm élue verte dans la majorité de Georges Frêches.

Les Gaulois avait peur d’une chose : que le ciel leur tombe sur la tête. Georges Frêches, sa peur, s’était d’être battu aux élections. Cela arriva fin mars 1993. Investi par le Parti Socialiste, Georges Frêche perd aux législatives face à Gérard Saumade, député sortant qui sera alors exclu du PS, dans une circonscription englobant Lodève, Ganges, Clermont-l’Hérault et le huitième canton de Montpellier (La Paillade) notamment.

Dépressif, Georges Frêche demanda à Nicole Stamm de ne plus s’occuper du dossier tram. Il a fallu attendre les municipales de mars 1995 où ayant constaté que l’on pouvait être élu avec un projet de tramway (Jean-Marc Ayrault à Nantes et Catherine Trautmann à Strasbourg), qu’il prendra ce dossier en main, énergiquement comme il savait le faire.

Alors opportunité politique, oui, visionnaire, non !!!

Info : Michel Bozzola

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3 commentaires pour 22 novembre 2014 – Il y a 19 ans exactement, Georges Frêche offrait le voyage à Strasbourg

  1. Conway dit :

    Ce n’est pas la réalisation de la première ligne de tramway qui a poussé certains à qualifier Frêche de visionnaire.
    N’essayez pas de réécrire l’histoire.

  2. Roman REBESKO dit :

    Personne n’est parfait. c’est le propre de tous les grands hommes…
    après leur mort, on leur trouve des côtés obscurs …
    et, à l’inverse certains se plaisent à rechercher les bons côté de dictateurs.

  3. claude34 dit :

    Je ne suis totalement pas d’accord. Le tram n’est qu’une solution à un problème (de transport) qui a des alternatives également efficaces. Je ne trouve pas que ça serait visionnaire de retenir un tram à priori, surtout que beaucoup de technologies de tram ont été des échecs. La vision c’est le développement de la ville, pas le moyen de transport qui passe au milieu.

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